Beethoven,

si tu nous entends...

Le spectacle Beethoven, si tu nous entends est une création en hommage à la musique de Ludwig van Beethoven.

Les cinq grands mouvements de cette « symphonie psychologique » font chacun entendre des extraits choisis de l’oeuvre du compositeur, réunis, arrangés ou transformés, sous l’égide d’un concept fort, relatif à la vie complexe de cet artiste indépendant, optimiste et profondément humain. En plus de ces grandes parties et en guise d’ouverture à l’ensemble, un prélude propose la mise en scène d’un dialogue musical entre différents moments de la symphonie pastorale et le thème de l’Ode à la joie ; cette dualité est par la suite reprise dans les interludes qui viennent ponctuer la narration.

De structure tripartite se rapprochant d’une forme sonate, le premier mouvement s’intitule L’apprentissage. Sont ici évoqués les débuts de Beethoven, qui soumet le style et le discours de ses premières créations à l’héritage musical que lui laissent Mozart et Haydn. Un déroulé musical original est créé à partir des mouvements initiaux des 1ère et 2ème symphonies, dont les formes très similaires et très codifiées permettent la substitution d’un thème à un autre. Mais tandis que l’exposition devrait a priori mener au développement, ce dernier est remplacé par l’Allegretto de la 8ème symphonie, dont le caractère métronomique et la réorchestration à contre-pied se veulent un clin d’oeil à l’humour de Josef Haydn.

 

Au coeur du second mouvement se trouve la figure de l’Immortelle bien aimée, à laquelle Beethoven adresse trois lettres entre le 6 et 7 juillet 1812 : d’identité inconnue, elle est comme l’incarnation des nombreuses femmes que Beethoven a fréquentées durant son existence (Joséphine von Brunsvik, Antonia Brentano…) et avec qui il a entretenu des relations plus ou moins intimes sans jamais les officialiser. Cette passion de l’inaccessible prend forme musicalement dans les mélodies absolues des adagios de la 4ème symphonie, de la 9ème symphonie ou encore du 5ème concerto pour piano, accompagnés d’une pulsation tantôt binaire, tantôt ternaire, comme un double battement de coeur.

 

La révolte met en scène Beethoven dans son combat contre la tradition, contre l’oppression et, surtout, contre lui-même et la surdité qui l’accable. Dans ce troisième mouvement, les longues phrases laissent place au style héroïque, tranchant, que l’on retrouve dans le scherzo de la 3ème symphonie, mis en contrepoint avec la violence du motif du destin de la 5ème symphonie. La partie centrale s’ouvre sur le final du 16ème quatuor à cordes ainsi que les mots : « Muss es sein ? » (« Le faut-il ? »). A cette question dramatique répond la 6ème Symphonie (« Pastorale » ) au sein de laquelle irradie le motif « Es muss sein ! » (« Il le faut ! »), comme si l’appel de la nature bienveillante était la solution aux tourments intérieurs du compositeur.

 

S’inspirant du Testament d’Heiligenstadt, le 4ème mouvement intitulé La mort du héros se présente comme une grande marche funèbre. On y retrouve les atmosphères dramatiques des mouvements « lents » des 3ème et 7ème symphonies, parmi lesquels résonnent les sombres échos de l’exil de Coriolan, de la trahison de Bonaparte ou encore de l’exécution d’Egmont… Enfin, concluant le parcours, La réconciliation se centre presque exclusivement sur la Symphonie Pastorale et l’Ode à la Joie, sous la forme d’un « thème et variations ». C’est le moment de la consécration et de la fraternité universelle. Ainsi, en clôture de ce voyage musical et après un moment de liesse mettant le public à contribution, les deux symphonies, fils conducteurs de l’oeuvre, fusionnent dans une coda grandiose et dansante.

 

Robin Melchior

 

Créé à la Cité de la Musique - Philharmonie de Paris le 26 janvier 2020

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